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La poésie du national-socialisme

by R. B. / jeudi, 16 avril 2009 / Published in Actualités

Le « Cercle du six février » vient de
mettre en ligne le texte de Brasillach que nous reproduisons à notre tour ci-dessous.


Aucun grand mouvement politique ne peut se passer du concours de la poésie. Aucun grand
mouvement politique n’existe qui ne soit en quelque mesure un mouvement poétique.
 

Il va de soi que ces deux assertions ne signifient point qu’une école littéraire proprement dite naît avec un régime
nouveau. Mais seulement qu’un régime vivant comporte par nécessité son style de vie, et que, dans ses cérémonies collectives, dans son art collectif, on peut voir jaillir une impression
esthétique en accord avec son idéologie politique. Cela a été vrai de l’architecture de Louis XIV et du cinéma soviétique. Cela est vrai aujourd’hui de l’art national-socialiste. La Troisième
République française était un régime mort parce qu’elle était un régime anti-esthétique, qu’elle n’a rien créé, que ses préfets vivaient dans des meubles « copies de l’ancien », dans des palais en
imitation, et que rien dans les cérémonies n’avait le moindre style.

Il n’y a point de nationalisme véritable qui ne fasse monter au-dessus de la doctrine même, et de l’action, une sorte de
halo mystérieux où se reflètent toutes les puissances de la race. Dans le fascisme italien, qui ne voit combien grande est la part faite au souvenir de l’Impéro, aux figures votives jaillies du
passé romain? Et dans le national-socialisme allemand, dans ces énormes cérémonies du printemps ou de l’automne, ne retrouve-t-on pas avant tout le vieux chant germanique de la fonte, du feu et
de la fôret? Partout, lorsque les nations ont voulu s’éveiller de leur sommeil, elles se sont tournées vers le passé le plus lointain, et elles l’ont ressuscité, non point à la manière d’un
musée, mais à la manière d’une religion toujours vivante. Le nationalsocialisme allemand en particulier a sans doute réussi avec son oeuvre « poétique » l’ensemble de spectacles les plus
extraordinaires de notre temps. Le Nuremberg d’avant-guerre, ses centaines de milliers d’hommes la nuit sous le feu des projecteurs, les foules coulant en fleuves bruns et rouges, les dieux de
stade, les armées composent dans notre souvenir le film le plus éblouissant qui soit. Et cela était beau non seulement par l’art qui s’y déployait, mais parce que cet art signifiait quelque
chose. Constamment les puissances du sang et du sol semblaient incarnées, et la beauté n’était jamais objet d’érudition. Ainsi, dans le cadre de la vieille ville médiévale, le présent, qui
tendait la main à l’avenir, en tendait une autre au passé, et l’Allemagne entière semblait présente.

Nous qui ne voulons point copier, nous qui ne voulons point imiter, mais qui savons reconnaître dans chaque expérience
particulière la leçon universelle qui y est contenue, que devons-nous en conclure? Nous aussi, si nous avions un Etat, nous pourrions avoir notre poésie nationale et socialiste. Non point en
ressuscitant pour les amateurs de floklore de gracieuses légendes périmées, non point en assemblant sur fiches les chansons provinciales, mais en prenant exemple sur les peuples ressuscités pour
faire passer l’histoire dans le présent. Est-ce possible? Je ne sais, car il s’agit là d’une bien grande entreprise. Il faut que l’école, il faut que l’éducation, préparent à comprendre le sens
des hautes cérémonies françaises que nous voudrions. Il faut peut-être nous débarrasser aussi du complexe gréco-latin qui fait que pour un poète français les argonautes sont plus naturels que les
croisades, et que Jeanne d’Arc, du Guesclin ou Charlotte Corday semblent moins proches que Phèdre, que César ou qu’Antigone. Il faut revenir aux vraies sources de notre race, ce qui est un vaste
travail.

Mais il est bien sûr que l’expérience nationale-socialiste, dans notre temps, aura eu le mérite singulier de faire
pénétrer dans la foule les notions de beauté dont elle semblait privée. Les socialistes miteux, au cours du XIXème siècle, ont rêvé de « spectacle de masse » et cela a fini en faisant jouer par des
acteurs de la Comédie-Française des pièces poussiéreuses de Romain Rolland quand ce n’était pas de Jean-Richard Bloch. Mais les vrais spectacles de masse, ils étaient à Nuremberg, où chacun
participait à une action de beauté collective aussi puissante que pouvait l’être une cérémonie religieuse au moyen âge ou dans la Grèce antique. Tout ce qui avait disparu, depuis la Renaissance,
de la vieille Europe était animé avec une puissance dont nous aurions eu peine à concevoir l’idée. Ce fut là un des moyens, n’en doutons pas, qui ont le mieux servi la cause nationale. N’est-ce
pas une leçon pour l’avenir?

Robert Brasillach

(Texte publié dans le périodique Notre Combat – Hebdomadaire politique littéraire satirique – Numéro spécial
n°42 – Avril 1943)

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