Dans un entretien donné à Danielle Attali, du Journal du Dimanche (n°3261, 12 juillet 2009, p.34, « Un film
nécessaire pour les jeunes générations »), à propos du nouveau film de fiction,
en cours de tournage, sur la rafle du Vél’d’Hiv (1), Serge Klarsfeld, consultant historique du film, déclare, à la question « Pourquoi les enfants étaient-ils séparés de leurs parents ? » :
« Les Allemands disaient ne pas avoir « le feu vert de Berlin pour déporter les enfants« . On les a donc
séparés de leurs parents, parfois à coups de crosse, parce qu’il y avait trois trains par semaine à remplir. C’est le moment le plus abject, le plus odieux, le plus terrible de l’histoire de
France. Ce qui interroge encore les Français, c’est la décision prise par Pétain, Laval et Bousquet de livrer des milliers d’enfants à Hitler, infligeant à la France une défaite morale dont le
poids a été incalculable. »
Il s’agit assurément d’une contribution pouvant être utilement ajoutée à la controverse au sujet de la phrase fameuse de
Robert Brasillach sur « les enfants juifs », et plus généralement sur les choix de Pierre Laval en la matière. Mais, sans doute la transcription des propos de Maître Klarsfeld a-t-elle
été maladroite, il est assez difficile de comprendre ce qui est pour lui le plus inhumain : la séparation ou non des enfants de leurs parents. Nul doute qu’il aura l’occasion de préciser sa
pensée à l’occasion du prochain film sur le sujet, « nécessaire » pour l’édification de la génération suivante.
PMH.
Note :
(1) « Bien sûr il y avait eu Monsieur Klein, et puis Les Guichets du Louvre », indique Danielle Attali.« La rafle est le
premier film traitant vraiment du sujet », affirme toutefois le magazine Studio – Ciné Live (n°6, été 2009, p.16).


