Dans son billet du 9 février 2009, Michel Mourlet
évoque le cas Brasillach :
« Admirable Toile, et qui viendra peut-être, hélas ! à bout des censures ! Je dis : hélas, car je
tiens d’abord à rendre hommage à celles-ci. Elles sont à notre connaissance le meilleur auxiliaire de la vérité. Je pèse mes mots, comme toujours. Qu’est-ce qui a le mieux porté et soutenu la
pensée bouleversante de Descartes, sinon l’obligation pour le premier philosophe moderne de s’exiler, de s’avancer masqué, d’attirer ainsi sur lui l’attention de l’Europe entière ?
Qui a le mieux servi la mémoire de Fouquet : quelques ravissants poèmes de La Fontaine ou la forteresse de Pignerol ? Croiriez-vous par hasard que le destin posthume de Voltaire a
été assuré par son théâtre ? Pourquoi André Chénier, que valaient bien (je les ai lus et savourés) une bonne dizaine de ses contemporains préromantiques, est-il le seul à être célébré depuis
le XIXe siècle ? Qui a permis à Flaubert de connaître des tirages qui n’auraient jamais dépassé ceux de Stendhal (du vivant de ce dernier, bien sûr), s’il n’eût bénéficié de
l’appui inestimable du procureur Pinard ? Je vais encore poser une question affreuse, et qui va me valoir de nouveaux ennemis : Brasillach serait-il plus lu en 2009 que l’auteur
de la Meute, s’il n’avait été fusillé, alors qu’Alphonse de Châteaubriant a, de sa belle mort, fini son parcours en Autriche ? Et que l’on ne compte pas sur moi pour révéler qui fut
dans l’Histoire l’allié le plus efficace d’Israël.
» Donc, pour le triomphe inéluctable de la vérité, pour l’accélérer souvent, pour le renforcer toujours, vive la
persécution ! Vive les censures ! »


